voyage autour de l'Europe en musique et en fourgonette

5/05/2007 - La Mer Noire

Mardi 24 avril

 

On descend le long de la cote bulgare. C'est de plus en plus sauvage, et la cote est magnifique.

 

 

                                                 

 

Printemps bulgare...

 

Mercredi 25 avril

 

On continue de longer la mer. On voudrait bien entrer en Turquie par la cote, mais les gens du pays nous confirment ce que nous montrait la carte: il n'y a pas de route par la, pas meme une piste. La falaise reprend ses droits quelques kilometres avant la Turquie.

 

 

 İl faudra donc remonter pour passer par Turnacik, dans les terres. Du coup on traine un peu...et on cherche un bivouac sur la falaise pour avoir un lever de soleil sur la mer (la côte est plein est), nous qui, côté Atlantique, sommes habitués a le voir s'y coucher.

 

Petit jour sur la Mer Noire.

 

Jeudi 26 avril

 

On trace vers la Turquie. Une petite heure a la frontiere pour tamponner les passeports, plutot comique, Soizic vous racontera...

On arrive prés d'İstambul en fin d'apreme. La grande banlieue d'İstambul en arrivant par l'ouest, c'est du beton sur une centaine de km. Beurk.

Puis on arrive en ville. Pour conduire a İstambul, il faut savoir que les panneaux, les feux rouges et autres marquages au sol sont purement decoratifs. Un seul code de la route : le klaxon. İl peut signifier tout autant "pousse-toi", "fais gaffe je passe", "vas-y mais grouille", "taxi?", "avance", "coucou les filles", "connard" ou bien "toi-même", tous le comprennent et l'utilisent comme un langage trés bien codé. Quant aux régles de priorité...la seule qui prevaut remonte a la nuit des temps, a l'aube d'une humanité naissante et encore farouche, ces âges primitifs ou l'impitoyable loi de la nature faisait encore office de code de survie : c'est le plus fort qui gagne. Autant dire qu'avec une Acadiane leste comme une enclume, il faut des nerfs solides...

Mais tout se passe bien, on longe la côte pour ne pas se perdre, on rejoint le Bosfore, et, avec l'aide d'Allah -dont les muezzin en haut des multiples minarets de la ville nous rapellent inlassablement la Tres İllustre Grandeur- on trouve un coin en plein centre, juste au bord de la Corne d'Or, ou on peut se garer en deux-trois manoeuvres pas plus. Cette planque nous servira tous les jours suivants.

La Corne d'Or, c'est l'estuaire du fleuve qui se jette ici dans le Bosfore.

Quant aux muezzins, ce sont en fait des haut-parleurs Bouyer qui font l'appel a la priere du haut des minarets...

On nous la fait pas.

 

Vendredi 27 avril

 

A İstambul, pas de camping, yok, nada, peau d'balle. L'auberge de jeunesse est pleine comme un oeuf. Alors on cherche, on cherche, et pour cette premiere nuit, on abdique pour un hotel prout-prout qui nous ruine le budget hebdomadaire, mais bon, on est douchés, reposés, on s'attaque a la ville.

C'est dur d'en parler...İstambul, c'est 10 millions d'habitants, un carrefour géographique et historique majeur, une fourmilliere hallucinante.

 

 

Les rues sont archi-combles, ca grouille, ca crie, ca sent bon, ca pue, c'est chouette.

 

 

Voici le grand bazar, trés beau mais un peu happe-touriste sur les bords.

 

      

 

Pour ce qui est des prix, gaffe : ici comme partout dans la ville, rien n'est affiché, tout est a la tête du client. Et comme, malgré ma gueule de métêque on porte sur nous qu'on arrive de l'ouest, tout est au moins multiplié par deux. C'est de bonne guerre, mais du coup, on limite vite les cafés (pourtant trés bon le cafe turc) et les dépenses superflues.

Pour trouver du calme, mais alors super-archi-calme, il suffit de se déchausser, d'entrer dans une mosquee et de fermer sa goule. 

Et la, aucun doute, Allah est grand.

 

 

              

                             

 

 

Dans les rues, on croise des fantômes tout noirs, des femmes drapées de pied en cap.

 

                                   

 

                                      

 

Pour les photographier, je me fais plus discret que jamais, j'ai pas envie d'avoir sur le dos une méchante fatwah, avec jugement divin et complications.

Le soir on file a Kilyos au nord du Bosfore, sur la mer noire, trouver un camping a 40 km de la ville. İl est tard, mais un gars nous ouvre, hilare en voyant la voiture et incredule en voyant la plaque française.

 

Samedi 28 avril

 

Repos : on lave le linge, et grillade de poissons tout frais aux petits poireaux locaux, avec un petit Riesling d'Alsace qu'on avait au fond du coffre (merci Yann!). Voila des forces pour repartir en ville.

Même chose, ça se raconte difficilement, mais ça fait un coucher de soleil sur la Corne d'Or, et c'est beau comme tout.

 

              

En veux-tu en voila...

 

Bon, d'accord, ça fait un peu carte postale, mais que voulez vous, moi je suis un romantique, et on se refait pas.

 

A part ça nos contacts s'avérent infructueux...les lycées français sont en plein examen et, debordes, ils ne peuvent nous recevoir, et les autres numeros ne repondent pas. On decide de ne pas trop s'attarder, le Caucase est encore loin.

Le soir on passe côté Asie (y'a 2 ponts suspendus sur le Bosfore) chercher bivouac, et, ayant largement quitté la ville, en pleine nuit, on trouve sur les collines un coin magnifique, calme, plat, sous un grand chêne silencieux. Allah est grand.

 

Dimanche 29 avril

 

Reveil sous le Grand Chêne.

 

Puisqu'on a une bonne planque, on en profite pour visiter un peu cette côte (mer noire côté asiatique). On prend des sardines sur le port et on va les griller sur la plage. C'est sans grand intérêt, bien sûr, mais je raconte tout ça rien que pour vous faire râler.

 

La plage.

 

       

Le port.                                      La mer.

 

 

Ca c'est une grenouille. Ca n'a rien a voir avec le sujet, mais bon, comme je l'ai choppee ce jour-la...

 

Aprés tout ça, on retourne sous notre grand chêne, maintenant qu'on connait la route, on va pas se gêner.

 

Le soir sous le Grand Chêne.

 

 

Lundi 30 avril

 

C'est un taureau qui nous réveille. On est chez lui, meugle-t-il dans un Turc aproximatif et trés menacant. İl tourne autour de la voiture, braille et gratte le sol furieusement. On en mene pas large. J'ai pas la fibre toreador. J'ai tellement la trouille qu'il charge la bagnole (j'ai vu deja dans les Landes une vache égarée s'en prendre a une voiture, he ben c'est pas joli-joli) que j'en oublie de le prendre en photo. Mais peu a peu il s'éloigne et, toujours en jurant comme un charretier, s'en va rejoindre une autre prairie...OUF!

On décampe, et il nous faut retourner a Kilyos (côté Europe) pour chercher un dossier oublié samedi dernier dans un cyber-café. İl contient des tas de papiers, ainsi que la carte bleue de secours. Y'a des jours comme ca...

Le trajet est assez tendu. Et a l'arrivée : tout est la, bien en place, on récupere tout.

Puisqu'on vous le dit : Allah est grand!

On file vers l'est, direction Trabzon.

 

Mardi 1er mai

 

Ce matin, c'est la pluie qui nous réveille, la premiere du voyage. Grmbl, me dis-je, aprés tout on est bien a l'abri, je me rendors. Et 10 secondes plus tard, je me reveille tout a fait, les yeux grand ouverts. Saperlipopette! me dis-je alors (je chatie mon langage, en privé) : on est posés tout en haut d'un chemin de terre qui serpente en lacets le long d'un vieux ravin...si ca s'imbibe, c'est la bouillasse et on passe plus. Reveil catastrophe, grmbl me répond Soizic a son tour, puis on bache tout sous la pluie et on decolle. Flotch, flotch, ca passe, mais il fallait pas beaucoup plus. On est trempés, boueux, et la pluie ne s'arretera pas de la journée. La route est sinueuse et défoncée. Dommage, la cote a l'air belle, mais on n'y voit pas a 20m, rapport au brouillard.  Et ca flotte, ca flotte...

Bon, on se dit qu'il y a des jours ou Allah est moins grand que d'autres, c'est tout.

 

Jeudi 3 mai

 

On reprend vers l'est. Le soleil est revenu. La route est un ravissement de charme et d'espieglerie : a gauche le ravin qui surplombe la mer noire (bleue azur) (comme son nom l'indique), a droite, la montagne, belle et verticale, et au milieu la route qui serpente, truffée de grosses pierres inopinées qu'il faut éviter en zigzaguant joyeusement. Un régal.

 

Une rare ligne "droite".

 

Les bleds traversés ne sont plus du tout touristiques. On nous regarde toujours comme des extra-terrestres, avec de larges sourires. Voyager en Acadiane, sans mentir, ca favorise énormément les contacts chaleureux. Dés qu'on s'arrête pour demander un renseignement, c'est un jovial attroupement autour de la bagnole, et de quelle année elle est, et ma parole vous arrivez de France avec ça, et vous allez jusqu'ou, le tout en Turc, en charabia et avec les mains. Joyeux.

 

 

 

 

Sur la route on commence a voir de jolies perles, des vieux Dodge chargés a bloc, des triporteurs tout branlants qui fument jaune, et la reine des vieilles françaises : la R12 (mais si, rappelez-vous) dans toute sa mocheté, break, berlıne, brillante ou pourrie, c'est LA voiture familliale dans l'est de la Turquie.

 

La R12...la classe.

 

D'une façon générale, les gens qu'on rencontre sont rigolards, et d'une infinie gentillesse. Un marchand de légumes que je photographiais avec sa femme dans leur bel étal m'a vu, on s'est souri, et direct il nous arrête pour nous payer un thé. Avec plaisir. İl commande 4 thés a la boutique d'a coté, on s'assoit, on papote, on se comprend qu'a moitié, mais de l'autre on rigole alors c'est que du plaisir. Sur notre carnet, il fait écrire son adresse par un copain plus lettré que lui, on pourra leur envoyer les photos (du noir et blanc, elles seront pas ici). On repart chargés de fraises, melons et pamplemousses sans qu'ils n'acceptent la moindre yeni lira (monnaie).

Le soir on dort prés de la riviere, au son des grenouilles.

 

Vendredi 4 mai

 

Toujours vers l'est, on approche de Trabzon. Quelques images.

 

 

Le port de Sinop

 

Les autres photos sont dans l'album photo, faut y aller voir.

 

Puis on arrive a Trabzon. Un des plus grands ports de la mer noire, avec tout le folklore qui va avec, des bordels plein les quais, etc...On trouve une agence de bateaux qui nous emmenera a Soci (Russie) en juin, depuis ici, et on cherche un camping, qu'on trouve non loin de la, au bord d'un lac joli.

 

Le lac joli.

 

Demain on va voir Trabzon, et on vous racontera, bien entendu...

 

 

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5/05/2007 - merci

Publié par Anonymous
je ne me lasse pas de vous lire, ni d'admirer vos photos. quel décalage avec notre quotidien ! patou
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5/05/2007 - Oh le beau voyage!!!

Publié par Anonymous
Alors que demain les Français vont choisir le bleu foncé et l'ignorance votre voyage est une provocation!!!
Je vous envie bande de veinards.
Ici la vie est douce et l'été Inch alha à notre porte
Le travail de son sur l'album est terminé et tous le monde semble content.Le mastering a été aussi une belle aventure .
Je mets votre blog sur mes préférences pour le consulter quand l'envie de flâner me prendra.

Bonne route .Bises à tous les deux
Soizic tu as raison j'ai confondu Riad Sattouff et Morjane Satrapi. Mea culpa.
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5/07/2007 - pas content

Publié par Anonymous
oui allah est grand mais pas comme vous le dites !!!
moi pauvre musulment,je lit ces mot et me dit alors:
"saperlipopette,mais c'est de la provocation ca !!!"

non, serieux moi j'suis pas véxé mais y en a qui peuvent l'être !!!
bon sinon vos récit sont tip top
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5/07/2007 - waou

Publié par ta fille papa
un truc a dire:
"WAOU"
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Ce blog contiendra des récits, des photos et peut-être des sons glanés, braconés, échangés tout le long du parcours.

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