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mercredi 18 avril
La route pour Dubrovnik est defoncee, mais praticable. Sur les collines, des maisons explosees a coups d'obus, des facades trouees d'impacts de bastos de la guerre pas si lointaine. Au niveau de Neum, un petit bout de cote est serbe. Les frontieres sont ici des passoires, trois pauvres douaniers font signe de la main aux voitures pour passer, sans chercher a trier le bon grain de l'ivraie, sans meme lever le nez de leur Paris-turf local.
Et voici enfin Dubrovnik, la belle, fortifie, charge d'histoire.

Intra-muros, c'est classe patrimoine historique de l'humanite par l'unesco, et on les comprends. Ici la guere parait loin, tout est refait a neuf pour rassurer le touriste. Seul un panneau a l'entree de la ville indique en noir les impacts d'obus tombes en 91/92..le panneau est tout noir, autant dire que les mortiers n'ont pas fait semblant. Merde. Quelle connerie, la guerre, et comment y penser sans dire des gros mots?...Dans un hall, des photos d'identite par centaines de combattants tombes. Et re-merde, tous ces gars-la auraient aujourd'hui mon age, et devraient profiter de ce beau soleil d'avril, une main sur la fesse de leur bien-aime...

A midi, pique-nique sous les remparts, et premier bain dans l'Adriatique. Elle est froide, mais claire et limpide...bleue...

Pour resumer : Dubrovnik est immense de beaute, mais vu coment ca grouile de touristes en avril, je deconseille aux voyageurs d'y aller en ete, ca doit etre une pure fourmilliere.
15h : on decolle pour Mostar, retour vers la montagne. On passe en Bosnie. Les douaniers rigolent en voyant la voiture. Petite route de montagne, c'est beau, sauvage. A Trebinje, apparition du ciryllique sur les paneaux...je ne regrette pas mon annee de Russe en 2nde, ca aide. La Bosnie est pauvre, ca saute aux yeux. Ici, pas de cote, pas de touristes, moins de dollars. On cherche un bivouac, mais des panneaux aux bords des routes signalent des mines anti-personnel...ca nous refroidit, bien que les locaux a qui on demande nous repondent confiants qu'il n'y en a plus. Et partout encore, des maisons explosees, des facades criblees. De ce cote aussi ca a cogne. Aux abords des villages, de grands cimetieres mixtes (steles musulmanes et tombes a la croix), beaucoup sont presque neufs. A la guerre, pas de vainqueur, que des perdants. Les gagnants? marchands d'armes et industriels. Chez nous, ils ont pour nom Dassault, Lagardere...on les cite en exemple de reussite. Combien d'hommes tombes pour faire leur fortune?
Si je suis amer?
Allez-y faire un tour.
Ca brasse.
Jeudi 19 avril
Matin : Mostar. Encore des traces de la guerre. Quelques soldats de l'ONU se balladent, meles aux touristes dans la vieille ville. Le celebre pont est reconstruit, symbole de reconciliation...et des boutiques a touristes en pagaille tentent de haper les cars de Japonais debarques en masse.
On moisit pas.
Apreme : Sarajevo. Pareil en plus gros, plus urbain. Minarets, eglises orthodoxes, bonnes soeurs catholiques, etudiants, Mercedes rutilantes, mendiants...ville de contrastes. C'est beau, mais on se dit que pour trouver des centres historiques qui ne soient pas integralement investis par des boutiques a la mode et des terrasses branchouilles, il nous faut barrrer a l'est, toujours plus a l'est.

On dort au camping, car la banlieue est un peu flippante, et...cap sur les montagnes.
Mercredi 20 avril
On vise Gorazde par les chemins de traverse. Au bout de quelques bornes de petite route, un policier nous arrete pour nous prevenir que d'ici a Gorazde, y'aura plus d'asphalte sur 20 km, rien que de la piste de montagne, et il semble sceptique sur la capacite de l'auto a passer le col. On le rassure et on avance...et on ne le regrettera pas. C'est magique! Nous conseillons cette route a tous les voyageurs, il ne faut pas un vehicule trop precieux, mais franchement, ca passe a l'aise, et c'est d'une beaute! Tiens, voila quelques images, c'est reducteur, mais ca donne une idee.


La piste

Le col

La montagne

La descente sur Gorazde
Samedi 21 avril
Et dire que demain, c'est les elections chez nous et qu'on capte meme pas France-Inter!
Tot matin, on passe la frontiere pour passer en Serbie. Premiere fouille, mais le douanier a l'air plus curieux que vraiment suspicieux. On est vite dans la vallee. C'est moche, on trace. Je me gourre de route, 1h30 de detour, j'ai confondu Kruzevac et Krgujevac sur les panneaux. Faut dire qu'ils sont rares, et en ciryllique...
Le soir, joli bivouac dans les pres, apres Nis.

Dimanche 22 avril
Vroum, toute la sainte journee.

On passe en Bulgarie. Les douaniers secouent le voiture dans tous les sens, hilares. Le soir on stoppe dans une station pour voir la tele et le resultat des elections. Sego vs Sarko...c'est d'un triste! Enfin, j'en parlerai dans une chronique a part, sinon y'en a pour des heures.
Le soir, on touche enfin la Mer Noire, a Burgas, il est 1h du matin, mais on y est!
Lundi 23 avril
Flanerie a Burgas

N'hesitez pas a aller voir l'album photo, y'a d'autres images
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