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9 Avril
Nous quittons Ales pour traverser les Alpes par Gap puis le col de Montgenievre, 1850 m dont laplupart en seconde. Ca va pas vite, ca grimpe, un coup de premiere est souvent necessaire, mais ca passe, voici le col et zou ca descend, ce sont les plaquettes qui travaillent, assistees du proverbial frein-moteur de notre vaillant flat-twin.
Voici la plaine du Pô, sinistre, industrielle et marecageuse. Imaginez une route faite de ronds-points entre les lignes droites, exclusivement bordee de zones industielles et commerciales, genre MacDo et Mondial Moquette qui pourrissent les peripheries de nos villes, mais de facon ininrerrompue sur des centaines de kilometres....
Un cauchemard pour campeur-sauvage, car il n'y a pas un metre de bordure qui ne soit pas impitoyablement asperge de la lumiere blafarde des lampadaires inutiles...tout semble construit pour les besoins exclisifs de l'industrie : c'est moche et fait en depit du bon sens.
On trouve quand meme un bivouac sous les oliviers vers le lac d'Iseo, bien apres Milan, coinces entre la route et un camping ferme.
10 Avril
On trace bien vite de ce cloaque direction Slovenie. Le parc automobile nord-italien est triste et moche, rien que des nouveautes en plastoc meetallise, pas une deuch, pas meme une cinquecento, notre tres estimable cousine transalpine de chez Fiat, cette adorable petite machine populaire et passe-partout, deja deboutee des routes par de cubiques et plastiformes mochetes genre Fiat Uno. Quand tout a coup, traversant Verone : chouette, deux deuch rutilantes devant un garage. On stoppe, photo, et toque a la porte du garage. Nous ouvre un gars jovial et rigolard, Renato, deuchiste rital qui cause un tres bon francais et nous donne un rendez-vous a Kubed (Slo) pour une concentre de deuch le WE prochain.
Et ca repart le coeur plus leger. On entre en Slovenie par Goriza et la, changement magique de paysage : c'est BEAU!
Ca grimpe, c'est montagneux, vert , sauvage, on est heureux ( la route n est meme pas bordee de vert sur la carte Michelin...il faudra ecrire au directeur.)
On arrive a Ljubjana et sur les conseils de Kaja Sivik des jeunesses musicales slovenes, on va passer la soiree a l'hotel Celica ( prononcer tselitsa), l'auberge de jeunesse de Ljubjana qui organise concert et jam session autour des musiques trads. Bostjan,un clarinetiste epoustouflant, nous introduit (si j'ose dire), rencontres, boeuf...c'est chouette. On y rencontre aussi Lado, artiste slovene qui nous a invite a passer la nuit chez lui, on s'installe dans son jardin apres quelques Absynt Supreme maison. Salut Lado!
11 avril
Flanerie a Ljubjana, ville etonnante, riche, etudiante ou les jeunes filles, les jeunes hommes, les dames et les messieurs sont tous sapes comme des princes.... La ville est propre, belle et on dirait assez neuve.

une facade de Ljubjana
Fin d'apres-midi, on decolle vers les collines au sud. C'est splendide a couper le souffle. Pour bivouaquer on n'a que l'embaras du choix, ca regorge de chemins perdus dans les bois parmi les loups et les resineux.

La Slovenie sauvage
12 Avril
Notre squatt est si beau qu on y traine une grande partie de la journee, puis on descend sur Cerknica et on bivouaque vers Dalunje Jezero pres d un lac magnifique. Grillades et bonne nuit.
13 avril
On veut voir la mer alors on file sur Kopper: La ville est jolie mais la cote , helas, est souvent gachee par les betoneurs immobiliers, les memes qui ont sabote la cote d'azur, car l'argent, lui, n'a pas de patrie.
On remonte dans les collines bivouaquer non loin de Kubed
14 avril
Au matin, on repere vite le site de la rencontre car quelques deuches sont deja sur place. On s'installe et ca arrive de tous les cotes et de toutes les couleurs : deuch, dyane, DS, ami8, HY et la magnifique DAK que nous decouvrons : une espece d'acadyane locale, fabriquee a Kopper sous la licence Citroen.

La Dak, notre acadiane version Slovene
On fait copain avec Anton qui arrive en 2CV verte rutilante, avec au cul l'ancien logo YU de Yougoslavie ( au lieu du SLO d usage aujourd hui). Il nous expliquera plus tard qu il temoigne ainsi de la betise du decoupage actuel, ainsi que d'une certaine nostalgie du temps de Tito, ou si certes tout n'etait pas toujours rose, du moins chacun avait un boulot, un toit, la secu a 100%, tres peu d'argent, mais des valeurs et une qualite de vie autres que la course a la consommation qui domine aujourd hui dans le pays. Anton a une bonne quarantaine, un sourire enchanteur, un humour debride, et travaille 12h par jour pour nourrir sa famille et entretenir ses 2 deuches.

Citromania slovene... Notre planque
Le soir on se regale de calamars a l'ail, de pivo (la biere Yougos) et de vin local, puis un groupe de rock anime la soiree avec un repertoire de Pink Floyd, Purple, Hendrix, Doors... c'est pas revolutionnaire, mais ca fait bien plaisir a entendre et ca rapelle de bons souvenirs.
On dort sur la corniche sous un arbre fleuri.
15 avril
Ce sont les adieux, dans les claquements de portieres et les chants sublimes des ron-ron de deuches qui demarrent, et on decolle vers le sud, pour voir Pula, au sud de l'Istrie. Le temps est toujours merveilleux et un leger vent favorable nous pousse jusqu'a la pointe, apres Pula, ou on pique-nique sur les rochers, les pieds dans l'eau ( encore trop froide pour y tremper le reste), face a l'azur intense d'une mer limpide aux clapotis lascifs et paresseux d'un Neptune assoupi dans les abysses bleutes d'une Adriatique alanguie sous le tendre soleil d'avril, et si avec ca j'ai pas la moyenne a ma redac...

l'Adriatique une meduse fraggle-rock
A la pause cafe, deux Croates nous abordent et le plus ancien, Hrvoje Tomislav, 73 ans, prof de croate a la retraite est tres heureux de pouvoir bavarder avec nous dans la langue de Moliere : "Je avant estudie vos langage", nous dit-il en tres bon francais.
Puis on remonte vers Riejka pour sqatter la cote croate : on aura fait le tour de l 'Istrie dans la journee... tant que la deuche avance, on en profite bien. En Dalmatie c'est la Bura, fort vent du nord, qui souffle par froides bourrasques et qui nous scotche parfois en 3eme, meme sur du plat. Mais ca passe toujours.
On trouve une crique abritee ou les pecheurs locaux et patibulaires nous confirment qu'on peut dormir la sans problemo... Premiere nuit croate bercee par les clapotis de l'eau, et le vent qui secoue la voiture.

sans commentaires
16 avril
On decolle pour Zadar. La cote est toujours aussi magnifique, no comment, les photos sont rares car c'est si grand que ca ne passe pas dans l'objectif, meme un 28mm ne peut que transformer l'immense panorama en un derisoire timbre-poste.
Breve escale a Zadar, c'est un port, c'est beau, mais c' est touristique et consumeriste. Vivement qu'on se baigne et qu'on reparte dans les montagnes.
Ce soir c'est notre premier camping, histoire de laver le linge, retouver les vieilles sensations de la douche, laver l'equipage et reposer les chevaux.

17 avril
On decampe assez tard, direction toujours le sud. Le croate est tres proche du slovene, c'est une tres belle langue et on y trouve - avec un peu de chance et beaucoup d'attention – une voyelle pour 3 ou 4 consonnes. Ca donne des hrvom, des Krsk, et quand Soizic me lit la carte, j'ai parfois l'impression qu'elle mange des gateaux secs.
On bivouaque au bout d'une piste blanche bordee d'oliviers avec en haut de la colline une charmants chapelle isolee qui veillera sur notre nuit.
nuit croate

matin croate
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